Que vive la journée sans viande !

Cela existe depuis 28 ans mais cette longévité n’a rien changé au fait que « la Journée internationale sans viande » (chaque année le 20 mars) passe largement inaperçue. Bien qu’affichée dans de nombreux pays. Qu’on le veuille ou non, le sujet, sensible, nous renvoie aux dernières et affolantes informations sur le réchauffement climatique.

Pourquoi viser une alimentation se passant de produits carnés ? Pour le respect des animaux, la préservation de la planète, l’amélioration de la santé humaine, justifient les militants, végétariens pour beaucoup.

Le jeudi des légumes

Le tout ou rien n’est pas la bonne réponse, encore moins la contrainte. L’exemple vient de Gand en Belgique. Une sorte de révolution tranquille qui s’est produite en mai de l’an dernier. En effet, la ville elle-même a instauré un jour sans viande, pour qui le souhaite.

Le jeudi donc, tous les jeudis, les Gantois s’essaient à manger végétarien. Séduits, 80 restaurants jouent le jeu, en proposant au moins un plat végétarien. La cantine de la municipalité a suivi le mouvement et, la rentrée venue, toutes les écoles communales, avec un menu sans aucune viande – sauf demande expresse des parents.

 « Eva », l’alternative végétarienne

Fidèle à l’esprit d’organisation flamand, les restaurants « suiveurs » ont fait distribuer 90 000 exemplaires d’une brochure pour défendre les mérites du « seitan » (protéine à base de blé) ou, plus prosaïquement du topinambour, sans revenir pour autant au rutabaga, champion des disettes de la dernière guerre.

Après avoir fondé l’association Eva ( pour Ethisch Vegetarisch Alternatief), Tobias Leenhaert, l’homme derrière cette initiative, a rapidement trouvé une oreille intéressée auprès d’un échevin de la ville. Tandis qu’Eva s’est fait connaître comme l’un des mouvements végétariens les plus actifs.

D’étonnantes retombées

Avec son jeudi sans, dit « vegan », et une forme de militantisme doux, Leenhaert ne s’attendait pas d’entrée de jeu à de telles retombées médiatiques. Le Guardian, Times Magazine, CNN ont pris la route de Gand, les villes de Gênes et Norwich songent déjà à emboîter le pas.

« On prévoit un doublement de la consommation de viande d’ici à 2050, intenable en termes d’exploitation des ressources, plaide Leenhaert, très sensible avant tout à l’impact de cette hyper-consommation sur la planète. Soit on demande aux Chinois et aux Indiens de ne pas en consommer du tout, soit nous serons bien obligés de réduire notre consommation ». Regrettant par ailleurs qu’il n’y ait pas de formation végétarienne dans les écoles hôtelières.

Le coût du bœuf du Brésil

Lui-même avoue avoir été un gros consommateur de viande jusqu’à l’âge de 21 ans, bien que ne trouvant pas de justification à tuer pour manger. Il s’en est privé petit à petit. « Notre approche est bonne, ajoute-t-il, les gens trouvent ça à la fois ludique, accessible et stimulant ».

L’équation est simple, pour fixer les idées : selon une nouvelle étude, un Européen qui consomme 1 kilo de bœuf provenant du Brésil est responsable de 335 kg de dioxyde de carbone, soit autant de CO2 que s’il parcourait 1600 km avec sa voiture personnelle (évidemment le bilan est moindre avec de la viande élevée à proximité ).

L’élevage industriel concentre, on le sait, la majorité des nuisances environnementales, produire une unité de protéine animale induit un impact de 4 à 100 fois plus important que celui d’une protéine de soja, par exemple.

9 milliards en 2050

Plus conséquent encore, le constat du gaspillage alimentaire planétaire. Environ un tiers de la nourriture produite, dont les viandes sous toutes leurs formes, se perd dans le système de production et de consommation (FAO). « Dans un monde de 7 milliards d’humains, et probablement 2 milliards de plus en 2050, voilà un non-sens économique, environnemental, éthique », déclare le Secrétaire général adjoint des Nations unies.

Tant de gâchis avec ses répercussions sur les coûts, les terres, l’eau, les engrais, la force de travail et, évidemment, les émissions de gaz à effet.

On ne s’étonnera pas qu’en se multipliant, la démographie et, parfois à marche forcée, les activités humaines, louables et d’autres qui le sont moins, les nouvelles sur le réchauffement climatique prennent un nouveau tour alarmant.

New York et son bilan

Voici en images de synthèse une animation qui permet de visualiser d’une certaine manière le CO2 que rejette en une année la seule ville de New York. Chaque boule bleue représente une tonne de CO2. En l’occurrence 54 millions de tonnes pour l’année 2010.

 

L’Arctique, peau de chagrin

Le front de l’inquiétude se porte de plus en plus cependant sur l’Arctique et la rapidité imprévue de la fonte des glaces, une urgence planétaire. Sa superficie s’est réduite de moitié en 30 ans, la plus faible jamais enregistrée en été l’an dernier. Soit un déficit de 3,4 millions de km2 à raison d’un amaigrissement de 13 % par décennie.

« Si la tendance se poursuit, nous n’aurons plus de banquise dans les régions du Grand Nord vers la fin de l’actuelle décennie », confirme un climatologue de la Nasa. Lequel s’étonne de l’écart inadmissible entre ce qui est compris de cette situation et avancé par  la communauté scientifique et ce qui est connu du grand public et surtout pris en compte par les gouvernements.

Le guet-apens du méthane

Montée des niveaux des mers, recrudescence des catastrophes naturelles, typhons, ouragans, tempêtes, sécheresses dus à la perte de ce régulateur climatique. A quoi s’ajoute une autre interrogation, la libération des gaz de méthane emprisonnées dans ces terres gelées.

25 fois plus redoutable

Une énorme quantité pourrait y être retenue, jusqu’à 4 milliards de tonnes, selon une étude anglo-saxonne. Si la glace continue à fondre, si froid et pression se relâchent, la masse pourrait se larguer dans l’atmosphère, passant d’hydrate de méthane à du méthane gazeux . Et d’origine organique, 25 fois plus actif pour retenir la chaleur solaire que le CO2.

Le destin de l’Arctique ? Certains s’en inquiètent comme de leur chemise. Ils rêvent de la manne providentielle des richesses, qui y sont nichées, gaz et pétrole, sur le cercle arctique des millions de barils, semble-t-il. Ou encore de la possibilité d’abréger le transport maritime par la route du Nord, gain de temps, de carburant et au bout du compte comme toujours, d’argent.

Un crime potentiel pour les scientifiques et un redoutable nouvel emballement des errements climatiques.


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