Drugstores gaulois

Un village sur deux, en France, n’a plus de commerces et plonge dans une situation de cité dortoir, voire de vie palliative. Avec le tissu économique, c’est aussi le tissu social qui se désagrège. S’accompagnant de ce sentiment d’impuissance devant l’inéluctable.

Mais des initiatives encourageantes voient le jour, tels les « Comptoir de campagne ».

Constat

Plutôt avenante, elle porte aussi un joli prénom, affiche de bonnes études à l’excellente Ecole de management de Lyon et déjà une expérience professionnelle dans l’industrie agroalimentaire et la grande distribution.

Participant à un séminaire de créativité et confrontée par Waoup, « réacteur d’innovation », à une réflexion sur le dramatique constat des villages qui se dépeuplent et perdent leurs petits commerces, Virginie Hills (41 ans) entrevoit une façon éventuelle de leur redonner vie.

« Made chez moi »

Bâton de pèlerin en mains, elle s’en va tourner aux marches du Massif central, file d’une rencontre à l’autre avec élus, commerçants, artisans, dans les zones, qui ont subi la double peine de l’exode rural dans les années 80 et la succion massive des monstres commerciaux périurbains.

Ainsi vont naitre » Comptoir de campagne » ou l’idée de regrouper dans un même surface commerciale de 100 m2 environ principalement une activité d’épicerie. À 95% en circuit court, afin de privilégier le « made in chez moi » plutôt que le « made in mondialisation ».

Relais

Mais en réservant suffisamment de surface pour accueillir des services et prestataires de proximité ( relais poste, guichet de banque, bureau Sncf, pressing cordonnerie, repassage, retoucherie, etc). De l’extérieur, on ne peut s’empêcher de penser tout de suite aux fameux drugstores des films américains des années cinquante.

La chance lui offre au départ le bon coup de pouce, en l’occurrence celui du maire du bourg de Champdieu dans la région du Forez (Loire), Patrice Couchaud.

Multiservices

Avec près de 2 000 habitants, la commune n’est pas la moins bien lotie, par comparaison à d’autres plus petites. Forte de la demi-douzaine de commerces, qu’elle aligne encore, au fil de ses rues, bar-tabac, boulangerie-pâtisserie, 2 salons de coiffure, esthéticienne.

Mais en 2015, son maire se soucie, comme beaucoup d’élus, de la fermeture probable du bureau de postes. Pour lui, l’idée arrive à point nommé d’un commerce multiservices en mesure d’intégrer déjà une activité de bureau postal, dans lequel, au moins 75 % des services seraient assurés.

Laboratoire

« Cela nous convenait bien », dit le maire au Crapaud, l’immeuble de la poste devenait vacant et pouvait accueillir dans ses murs, après aménagements, ce premier comptoir et l’ensemble des activités voulues.

Ainsi, on fêtera à Champdieu 3 ans d’existence en février prochain, sorte de bilan pour voir si le comptoir s’est installé dans un rythme de croisière, fidèle aux objectifs, compte tenu de l’attraction de Montbrison, ville de sous-préfecture qui, à 4 km de distance, ne manque ni de multiples enseignes ni de grandes surfaces. Mais le laboratoire est bien sur rail.

Prospections

Si bien qu’après avoir levé des fonds auprès d’organismes à visée sociale et solidaire ( France Activ, Lita.co ), ainsi que via la Caisse d’Épargne Rhône-Alpes et la Poste, Virginie Hills et son associée, Sylviane Barcet, peuvent se réjouir aujourd’hui d’un développement soutenu.

Trois autres comptoirs ont ouverts dans ce très beau Forez, baigné par les eaux et les monts, 2 autres, dont un prochainement dans le Beaujolais. Des prospections sont en cours dans d’autres départements essentiellement ruraux.

Logiciel

Le logiciel, si l’on peut dire, est au point. Ouverture par « grappe », c’est à dire plusieurs en un endroit resserré de façon à faciliter par des achats centraux l’ensemble des relations « extérieures ».

Contacts avec les producteurs locaux- éloignés de 50 km au plus, en excluant si possible toute forme de gaspillage dans le circuit producteur-consommateur. L’idée aussi étant de ne jamais concurrencer dans le lieu un commerce existant, s’il en reste un en activité.

Recrutements

Mais au-delà de redynamiser des régions en souffrance, fortifiée par le label d’Esus ( Entreprise solidaire d’utilité sociale ), la société, dont le siège est à Lyon, entend par ailleurs recréer des emplois – 25 déjà, et du lien social à travers des lieux de convivialité, snacks, salon de thé, bar.

Certes on peut se dire, que 6 « Comptoir » * au regard des campagnes, toutes régions confondues, qui se vident de leur sang économique, c’est bien peu.

Récompenses

Mais, le « business modèle » dans la main », les deux associées et leurs équipes travaillent déjà sur une offre de franchise dans un réseau indépendant et le projet de relier tout le monde par l‘»e-commerce », auquel leur formation initiale les prédispose.

« Tout le monde nous envoie des ondes positives et c’est pour ça qu’on se lève tous les matins », confie Virginie Hills au journal La Tribune. Pour la conforter encore dans sa détermination, Comptoir de campagne affiche déjà, en vitrine, 8 récompenses, dont celui de lauréat de la Fondation La France s’engage.

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* Les comptoirs existants  : Champdieu, Verrières-en-Forez, Boissy-St-Priest, Lurieck, pour le Forez, ou en passe d’être ouverts : Lancié et Charentay dans le Beaujolais.


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