Vive l’été en Chine : miroir, mon beau miroir…

Le crapaud - Liniger Fiess - les tours géantes de la chine

Chaussée des géants

La Chine peut encore se permettre des rêves de grandeur et de puissance. Elle les voit notamment dans les gratte-ciels, à l’image de l’Amérique des années 30. Mais l’Empire State Building s’avère aujourd’hui le Petit Poucet, comparé aux monstres qui se dressent dans les grandes villes de la côte Chinoise.

Livrée en 2015, la Shangaï Tower, 632 mètres, affirme déjà sa prédominance, plus haute tour d’Asie. Sa structure principale, destinée à héberger 30 000 m2, a vu son baptême début août.

Qui dit mieux

Mais elle lorgne avec crainte du côté de Senzhen, où l’assureur Ping An imposera un bâtiment de 30 mètres plus élevé, à 660 mètres.

La course entre les mégalopoles est lancée. La Chine signe aujourd’hui la construction de plus de la moitié des gratte-ciels de la planète.

Que la crise ait infligé une nette baisse de la croissance ne limite pas la mégalomanie locale. Un autre milliardaire, Zhang Yue, spécialisé dans les climatiseurs, guigne déjà une tour, Sky City, à 838 m. Souhaitant honorer la ville de Changsha, où Mao fit ses études. Avec pour point de mire la Burj Khalifa à Dubaï et ses 823 mètres.

6000 gratte-ciels en une main

Un rappel à l’ordre du parti a calmé ses ardeurs. Peut-être les dirigeants ont-ils à l’esprit l’édification de l’Empire State et de la Tour Chrisler à New York, qui voient le jour, quand L’Amérique bascule dans la Grande Dépression.

Avec sa Commerce Center à 492 m, surtout par l’accumulation de 6000 gratte-ciels sur un territoire de poche, Hong Kong cumule encore les records. Il n’empêche que dans certains quartiers éloignés du centre névralgique de ce « Monaco de l’Orient » pullulent des immeubles insalubres, jamais rénovés, ou remis aux normes.

Des hommes-cages

100 000 personnes y vivent et pour certaines, condamnées à se « satisfaire » d’un cagibi de quelques mètres carrés, voire d’un lit cage ou d’une  soupente de toit, où ils ont l’art t’entasser une table, un lit, les objets du quotidien, les provisions et l’inévitable télé dans un stupéfiant capharnaüm. Comme ce jeune couple et leurs 2 enfants dans à peine 5 m2.

Des histoires de vie pour ces Chinois, attirés par la luciole Hong Kong, puis laissés pour compte, retraités, parfois dépourvus de tout revenu, à la merci de marchands de sommeil, ogres modernes.

Au soir, 13 000 tonnes de déchets

Et si, au pied de ces tours, des légions de balayeurs et d’éboueurs peaufinent la propreté de leur environnement, le « port au parfum » trouve difficilement solution aux 13 000 tonnes de déchets, rejetés quotidiennement.

On sait que d’ici à 2020, les 3 principales décharges seront saturées. Déjà des montagnes d’immondices s’accumulent à la périphérie.

Que voulez-vous, avance la municipalité, “le Hongkongais, toujours à l’affût des nouvelles tendances, aime consommer ».

C’est le problème quand on vit dans les gratte-ciels. On ne voit plus qu’un horizon exaltant dans le reflet des façades de verre et d’acier.

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Comments

Je crois savoir que des techniques satisfaisantes permettent d’incinérer les déchets urbains pratiquement sans pollution, et tout en produisant de l’énergie. La vapeur produite peut être utilisée directement par des industries installées à proximité et dont les procédés de fabrication sont “gourmands”, c’est le cas de toute la pétrochimie et de l’industrie papetière par exemple. La vapeur éventuellement résiduelle peut est utilisée pour le chauffage urbain domestique ou est “turbinée” pour produire de l’électricité, introduite dans les réseaux existants.

posted by Cricmecroc / 09.29.13 - 3:38

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