Panique à Silicon Valley

Serions-nous au stade de la sixième extinction ? L’activité humaine affecte notre milieu naturel au point de nous engager dans un nouvel et bien préoccupant âge géologique. On lui donne le nom d’ »anthropocène ». Les « tycoons » de la Silicon Valley ont déjà pris leurs dispositions.

Proposé dès 2000 par le Prix Nobel Paul Cutzen, le terme d’ »anthropocène », entré dans le vocabulaire scientifique (bien que contesté par les géologues), demeure nébuleux pour beaucoup de gens.

Résumons : En l’espace de 540 millions d’années, la terre a connu cinq grandes phases de disparitions d’espèces massives, dues à des catastrophes volcaniques, glaciaire ou célestes, celle qui est en cours est bien plus rapide et l’homme en est responsable pour une large part.

Trop tard pour répertorier

À Hawaï, en septembre dernier, L’Union pour la conservation de la nature (UCIN) présentait l’addition : sur 82 954 espèces étudiées, plus de 28 % sont menacées de disparition.

42 % d‘amphibiens, 26 % de mammifères, 33 % de coraux de récifs, 34 %de conifères, pour ne citer que ceux-là. À ce rythme, la plupart des 15 millions d’espèces estimées sur terre auront disparu de notre horizon, avant même que l’homme ait eu la possibilité de les répertorier.

L’humanité en danger

Particulièrement concernés, les animaux d’eau douce, dont les effectifs ont baissé de 81% de 1970 à 2012, comme en mer un tiers des espèces de requins et de raies.

« Que la biodiversité poursuive sa chute, et le monde que nous connaissons aujourd’hui s’effondrera d’un seul tenant, un déclin qui contribue à mettre l’humanité elle-même en danger.», selon le directeur général du WWF, Pascal Cantin.

Impacts dévastateurs

Et si les températures devaient continuer à s’emballer, en raison des émissions de gaz à effet de serre, entrainant à répétition inondations, sécheresses, tempêtes, les impacts se révéleraient encore plus dévastateurs pour les écosystèmes.

Litanie des causes d’une expansion dévorante : perte ou dégradation des habitats, poussée urbaine, déforestation, pollution des terres et des eaux par l’industrie, l’agriculture, et l’urbanisation, introduction d’espèces invasives, sans oublier les conséquences de la surexploitation, chasse, pêche, braconnage.

Ce braconnage à grande échelle, que le journal Le Monde a qualifié d’« écocide », en amorçant une série d’enquêtes, destinées à révéler les trafics illicites perpétrés par le crime organisé, délinquance en plein essor.

La surface de l’Inde

En seulement 2 décennies, des chercheurs australiens ont établi que 10% des terres sauvages, jusqu’alors vierges d’empreinte humaine, ont été rayées de la surface de la planète, soit le territoire de l’Inde.

Rappelons d’ailleurs ce marqueur, qui semble malheureusement peu frapper les esprits. L’humanité vit «  à crédit » depuis le 8 août 2016, ayant usé et abusé à cette date de la totalité des ressources, que la planète peut renouveler en un an (en 2015 le 16 « août » et en 1970 le « 23 décembre »).

2 planètes à disposition

Actuellement, nous aurions « besoin » de 1,6 planète. Avec les 2 milliards d’êtres humains qui auront le bonheur de nous rejoindre d’ici à 2050 ( soit 9,7 milliards au total), à scenario constant, ce serait 2 planètes nécessaires.

Plus que jamais donc, il faut appeler à un développement économique soutenable, comme le soulignait, entre autres, la Cop 21 de Paris.

Catastrophe globale

Rien d’étonnant alors que l’on voit surgir dans notre quotidien cette autre notion , survivalisme, à assimiler dorénavant, soit le fait de se préparer à une catastrophe globale à venir.

Rue89 nous livre un remarquable sujet de réflexion, tiré d’un article du New York Times, sur les milliardaires de la Silicon Valley qui, devant la catastrophe se profilant à l’horizon, se préparent à la fin du monde.

Canaliser leur peur

On se souvient de ces Américains, inquiets d’une éventuelle guerre atomique, qui se faisaient construire sur catalogue des abris anti-nucléaires dans leur jardin.

Dans cet état d’angoisse permanente qui est la marque profonde de la société américaine, les milliardaires californiens du numérique et de la finance globalisées ont d’autres moyens pour canaliser leurs peurs.

À la tête d’un forum à 600 millions de dollars, son patron de 33 ans abrite chez lui armes, nourriture et, myope, s’est fait opérer des yeux pour se passer de lunettes ou lentilles et mieux voir en cas de désastre.

Réservoir plein

Ancien cadre de Facebook, celui-là a pris parti de se réfugier sur une île du Pacifique, le moment venu, où il a accumulé générateurs, panneaux solaires et encore plus de munitions.

Réfléchissant à la nécessité de fuir vite, un autre dirigeant de fonds d’investissement fait tenir un hélicoptère près à décoller, réservoir plein, et dispose aussi d’un bunker avec système de filtrage.

Rester discret

Certains se trouvent des lieux d’asile dans diverses propriétés achetées au coin du globe. La moitié au moins de ces champions ont ainsi pris leurs sages précautions, mais souhaitent rester discrets. Par peur du ridicule ?

Certes ils disposent de fortunes abyssales, ne savent plus comment dépenser leur argent et leur boulot, c’est bien d’imaginer l’avenir, clé de leur parcours et réussite.

Couche de glace

Mais ils n’ignorent pas qu’ils vivent, que nous vivons, sur une « fine couche de glace », comme ils disent. Ça ne coute rien en effet de se préparer à ce qu’elle craque éventuellement.

Peut-être craignent-ils aussi le cruel retour de bâton des lourds dégâts infligés à nos sociétés par les technologies qu’ils ont inventées, reléguant des pans entiers de l’industrie dans les poubelles de l’Histoire. Avec leurs effets concomitants sur les millions d’hommes et de femmes, laissés sur le carreau.

lecrapaud.fr peut cependant leur indiquer une autre piste de sauve-qui-peut. Un sanctuaire marin, le plus grand du monde, va voir le jour dans les eaux immaculées de la Mer de Ross en Antarctique, soit un aire protégée de 1,55 million de km2. Avec un bon bateau, ça peut le faire…

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