L’algue verte qui monte, monte !

Le Crapaud - Robert Fiess et Jérôme Liniger - Vive la spiruline

Fortement sollicités en ces temps de l’avent, les Français, généreux donateurs, restent dans leur majorité très sensibles aux organisations, qui ont pour mission de combattre le sort des enfants, parfois dramatique, en Afrique et en Inde notamment.

Antenna et sa spiruline sont en première ligne dans ce combat.

La spiruline, ça vous dit quelque chose ? Il s’agit d’une algue, relevant d’un embranchement des cyanobactéries, parmi les plus vielles manifestations de vie, 3,5 milliards d’années.  Derrière ce nom scientifique se cache une protéine non animale d’une exceptionnelle valeur nutritionnelle.

Acides aminés et anti-oxydants

Elle contient à elle seule tous les acides aminés essentiels, de nombreuses vitamines et des anti-oxydants. Et, non négligeable, elle peut être « produite » partout par un simple transfert de technologie et de savoir-faire.

Autant dire qu’elle est d’un formidable recours pour les populations et notamment les enfants, victimes de malnutrition (selon l’Unicef, 250 millions d’enfants en souffrent actuellement et 36 000 en meurent chaque jour).

Une impressionnante vitalité

Antenna et son père géniteur, Denis von der Weid, ont fait de cette micro – algue leur cheval de bataille.

Septuagénaire, visage émacié, cheveux blancs clairsemés comme dressés debout par la dernière rafale de vent, l’homme impressionne par sa vitalité, sa modestie et sa sérénité.

De nationalité suisse, après des études de droit et d’économie pour commencer, l’Insead pour suivre, une expérience entrepreneuriale dans une grande entreprise pharmaceutique, il développe très vite un intérêt pour les questions nord-sud.

L’expérience de l’Inde

Survient une expérience de terrain, qu’il dit déterminante. En Inde, il va pendant 4 années s’occuper des lépreux et des intouchables, « sa période la plus heureuse, confesse-t-il, sans téléphone, ni mail ».

Au cours d’un voyage au Tchad, ayant eu vent de la « redécouverte » de la petite algue verte, il s’y intéresse, l’a fait analyser et constate le caractère exceptionnel du nutriment.

Partager le savoir-faire

On sait entre temps que rien ne vaut, quand ils sont possibles, les moyens donnés et développés sur place pour aider les populations à s’en sortir par elles-mêmes.

C’est bien le pari d’Antenna, à savoir fonctionner essentiellement par des transferts de technologies, de savoir-faire, précédés de formation et de recrutement de futurs responsables dans la région retenue.

Aisée à produire

Ce sont donc des partenaires locaux qui assurent la production de spiruline sur place, ainsi que sa distribution. En commençant par apprendre à la cultiver avec toutes les précautions sanitaires.

Il suffit pour cela de construire des bassins que l’on remplit de 20 cm d’eau, d’y ajouter les intrants (du bicarbonate de soude, un peu d’engrais (NPK) et de l’urée mais en faible quantité), et la première récolte se fait un mois et demi après l’ensemencement.

Filtration, séchage, conditionnement s’achèvent, en l’espace peu ou prou d’une journée.

1 à 2 grammes par jour

Rapportée à la quantité de protéine produite, cette culture requiert, outre peu d’espace, assez peu d’eau. Administrée à un enfant malnutri chronique, il suffit d’1 à 2 grammes par jour, pendant deux cures de 6 à 8 semaines pour le rétablir.

Pour mettre ses partenaires en situation, Antenna soutient la création de fermes de production et suivant les pays et contextes, considère qu’en produisant environ 900 kg de spiruline sèche, la ferme sera dotée d’un modèle économique viable, un tiers étant destiné aux plus démunis (3.000 enfants/an).

Des fermes et des emplois

14 programmes de production et de distribution sont à l’œuvre dans 9 pays d’Afrique et d’Asie. Et une dizaine de fermes autonomes tournent déjà, accompagnées par la création de 54 emplois locaux.

Rien que pour l’année 2012, la production a atteint 4 tonnes, dont près de la moitié distribués en social et humanitaire à plus de 16 000 bénéficiaires.

Conseils d’hygiène et micro-crédits

Il n’est que de consulter la lettre d’information de novembre d’Antenna France pour constater le dynamisme de l’association. Une Maison de la Nutrition est ouverte à Madagascar et 30 enfants bénéficient d’une cure de spiruline de 6 mois, leurs mamans reçoivent des formations d’hygiène et de nutrition. Des tests de microcrédit sont en cours pour ces mères.

Au Burundi, suite à la demande d’une association locale, un correspondant d’Antenna revient d’une mission exploratoire, afin d’évaluer les possibilités de création d’une ferme, achats de terrain, financement, divers soutiens.

Un nouveau fertilisant

L’association, relevant aujourd’hui d’une Fondation est également sur le pont aux Philippines, suite aux dramatiques conséquences du typhon Haiyan. Elle a fait distribuer  25 de ces kits WATA, assurant la potabilisation de l’eau – autre socle de son action, pour compenser le manque d’eau potable.

Denis von der Weid n’en reste pas là. Sachant qu’un milliard et demi de personnes n’ont pas accès à l’électricité, Antenna Technologies a développé, en partenariat, un kit solaire, accessible par micro – crédit. “Oolux”, c’est son nom, fournit à la fois une solution d’éclairage et d’énergie pour recharger de petits appareils, tels les téléphones portables, d’utilisation de plus en plus vitale notamment dans les secteurs ruraux.

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