Ces nouveaux jardiniers qui labourent le béton

Le crapaud - Jérôme Liniger - Ces nouveaux jardiniers qui labourent le béton

Ce n’est plus « sous les pavés, la plage » mais « entre les pavés, la verdure ». Ainsi va l’époque, la révolution aujourd’hui a les couleurs de la chlorophylle. Les activistes de « Green Guerilla » ou « Green Gardeners » s’arment au plus de pelles et de râteaux, et de beaucoup de volonté pour aller introduire ou réintroduire des espaces verts dans nos cités…


En commando, au besoin par la force, les plus audacieux vont jusqu’à ensemencer de nuit des terre-pleins du réseau routier, à cache-cache avec les vigiles ou la police, d’autres dispersent discrètement des paquets de graines partout où s’offre un reste d’espace à semer. Une vingtaine d’étudiants, issus de l’Ecole du paysage de Versailles sont même allés planter de nuit érables, sureaux et églantiers sur une passerelle piétonne du périphérique parisien. « Labourons les trottoirs », « Fertilisons le béton » sont les mots d’ordres d’un autre mouvement à Lyon « Tous à terre ».
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Les guérilleros verts sont nés à New York, on s’en étonnera à peine. Dans les années 7O, la Grosse Pomme est morose, crise économique plus insécurité, les squares sont laissés à l’abandon notamment dans les quartiers les plus défavorisés. Une femme Liz Christy décide de réunir des amis pour nettoyer les parcelles abandonnées et créer des jardins communautaires. Dès 1973, le groupe marque une action d’éclat avec l’aménagement d’un espace dans le Bowery, le coin le plus sinistre à l’époque de Manhattan. C’est aujourd‘hui un des plus beaux espaces de la ville, entretenu par des bénévoles pour un budget annuel ridicule. Dès 1997, New York comptait ainsi plus de 1000 jardins communautaires toujours gérés par des militants.
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Grâce à Internet et aux blogs, la guérilla jardinière s’est répandu dans le monde entier. Dans les pays pauvres, elle prend l’ampleur d’une revendication du droit à la terre. Chez nous, elle est d’ordre environnemental. Se rapproprier l’espace public, habiller de vert les infrastructures routières étouffantes, recoloniser la ville, chacun peut y contribuer et, dorénavant, semer à tout béton.
s/vsd
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