COP 22, un souffle resté court

Hormis l’abondance de soleil et l’affabilité des acteurs locaux, Marrakech et la Cop 22 laissent une impression mitigée. La lutte pour le climat enchaine constamment avancées et stagnations.

L’année 2016 bat un nouveau record de température mondiale, en moyenne supérieure de 1, 2 o ( selon l’Organisation météorologique mondiale).

Dans l’histoire du 21 ème siècle, elle s’installe ainsi confortablement dans les 17 années les plus chaudes depuis le début des relevés, en 1854, avec le premier réseau de météorologie télégraphique.

Arctique, point zéro

Pas étonnant que la région Arctique en subisse les conséquences. On a constaté un O degrés Celsius pointé au Pôle nord, alors quelle devrait indiquer un « moins 20 degrés C “.

Cette température record entraine un recul sans précédent de la banquise, confrontée à ce cercle vicieux (réchauffement = recul), de plus en plus fréquent, avec un impact majeure sur la planète.

Bons et mauvais élèves

Le Canada, l’Australie et le Japon comptent parmi les mauvais élèves de l’action climatique, selon le « Climate change performance index », qui évalue les politiques de 58 pays, jugeant entre autres la progression, ou non, des énergies vertes.

La France ( pour son implication dans la Cop), la Suède et la Grande Bretagne recueillent les meilleures notes.

L’Union européenne s’est engagée à réduire des émissions de CO2 d’au moins 40 % d’ici à 2030, mais elle n’est pas, elle aussi, sur les rails à ce stade, contrariée d’une certaine manière par les facteurs conjoncturels.

Temporiser plutôt qu’agir

Avec la baisse durable des prix du pétrole, solaire et éolien continuent à vivifier les investissements mondiaux dans les renouvelables. Véritable potentiel de croissance, ils ont augmenté de 10 % de 2014/2017.

Au bout du compte, observateurs et négociateurs ont le sentiment, que les négociations, avec pour objectif la poursuite de la mise en œuvre des accords de Paris, relèvaient plus de la temporisation que d’un véritable plan d’action attendu.

Cependant il a bien été souligné que ceux-ci étaient irréversibles.

“Trumpmania”

Accueillant pour la 2ème fois cette Conférence des parties, le Maroc a joué de malchance avec l’ombre portée de Donald Trump, menaçant d’annuler le deal du Bourget (Cop 21).

« Il est indéniable que l’élection américaine a eu des répercussions dans les salles de négociation », notent Jérôme Liniger et Nicolas Jacquette, du crapaud, présents sur place.

Agriculture en friche

Marrakech par ailleurs voulait affirmer l’importance du plan “Agriculture”, sachant que 60 % de la population africaine travaille dans le secteur, mais le terrain est resté en friche.

Les discussions sur ce secteur ont semblé souffrir d’un blocage paradoxal, au détriment de populations déjà touchées par le dérèglement climatique.

Sous-tendue par les acteurs du secteur privé de l’industrie agro-alimentaire, lesquels se positionnent comme porteurs de solutions. Celles-là relèvent plus du “verdissement” de leurs pratiques que d’une véritable et nécessaire transformation des modèles agricoles.

Financement toujours

Au nom de la justice climatique, les pays développés, pollueurs historiques, s’étaient engagés en 2009, à Copenhague, à verser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 aux pays en développement, pour les aider à faire face aux impacts.

Mais les modalités d’utilisation des fonds demeurent compliquées, face à la recherche d’un équilibre dans la répartition entre financements pour l’adaptation et celui pour l’atténuation.

On est encore loin du compte, seulement 16% des financements climat sont consacrés pour le moment à l’adaptation.

Cap sur Bonn pour la 23

Cependant 50 états du continent africain ont décidé d’harmoniser leurs politiques climatiques et plusieurs mesures ont été annoncées pour accélérer le processus.

Le Maroc et la Banque mondiale ont lancé par ailleurs la première plateforme d’investissement en Afrique, le fonds entend répondre aux besoins importants notamment concernant les chantiers d’électrification du continent.

L’an prochain, viendra une COP 23 avec pour présidence les îles Fidji. Pas de chance pour les délégués. Faute d’infrastructures et de moyens suffisants, les Fidji recevront à Bonn, en Allemagne, siège du secrétariat de la CCNUC.

Barack versus Donald

Les confrontations se situent entre temps aux États-Unis, où le Président Obama s’efforce de mettre quelques bâtons dans les roues de son successeur, climato-sceptique, on ne sait si c’est de raison, d’incompétence ou d’opportunité.

En décidant d’intégrer dans son plan 2017-2022 un document qui exclut tout droit d’exploitation sous les mers des Tchouktches et de Beaufort en Alaska.

Mais le bouillant milliardaire semble faire pénitence, après ses interjections bravaches sur l’accord de Paris, il vient de reconnaitre l’impact des activités humaines sur notre environnement. Les actes de “décarbonisation” de l’Amérique suivront-ils ?

Wait and see, comme on dit.

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lecrapaud vous propose ci-après le beau reportage, avec photos, de Jérôme Liniger et Nicolas Jacquette à la Cop 22. Ce qu’ils ont vu, entendu, perçu durant leur séjour sur place.

COP22 – le bilan Irresistible

 

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