Les bus de Vegas à l’huile de friture

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Au pays des mille et une nuits, pas celui de la légende mais celui de Las Vegas, cette planète lunaire en plein désert, scintillant de mille millions de feux, les touristes sont parfois surpris de voir passer sur le fameux « Strip » un bus anachronique, vieux bus scolaire, peint en vert avec marqué sur ses flancs, en lettres capitales énormes : « FUEL » (carburant)…

C’est le bus de Josh Tickell, déjà un drôle de « héros » dans la région. Jeune diplômé de Louisiane, Tickell se convertit tôt à l’action environnementale, puisqu’il entreprend un tour d’Amérique dans un utilitaire Winnebago, lequel, une fois bricolé, va rouler à l’huile de friture usagée. Dix ans plus tard, Tickell, grand gars, visage poupin, roux de cheveux et déjà dégarni, poursuit sa croisade, mobiliser ses compatriotes en faveur du biodiesel, avant la pénurie de pétrole qui viendra un jour. Que la « révolution » sera longue, il n’en doute pas, mais après avoir écrit deux livres, fait deux films (l’un primé), raflé des milliards de litre d’huile usagée à la porte des fast food, il a déjà obtenu de la municipalité de Vegas qu’elle fasse rouler les 1500 bus scolaires avec cette huile de récupération.

Et son bus vert, baptisé « Veggie Van » (bus végétarien »), panneaux solaires sur le toit, phares en LED, continue dans ses tournées de « hanter » les villes américaines. On peut y apprendre comment rouler vert en se fabriquant du biodiesel, faire son compost, construire écologique et combien les algues sont productrices d’énergie. A la veille de Copenhague, le président Obama a annoncé que les Etats Unis s’imposeraient désormais plus de contraintes dans la lutte contre le réchauffement climatique et, du reste, qu’il ferait le déplacement au Danemark. La promesse américaine a réjoui les Européens. Mais le chemin sera long là aussi, avant de convaincre congrès, grands industriels et surtout l’opinion américaine. Si les nombreux scolaires visitant le bus Tickell agréent facilement aux impératifs environnementaux d’aujourd’hui, beaucoup d’adultes font le dos rond. Plus de la moitié des Américains continuent à douter de la réalité, preuves à l’appui, de ce réchauffement.

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