Les « mama » congolaises, qui portent la vie

Lecrapaud - Robert Fiess - Jérôme Liniger - Les « mama » congolaises, qui portent la vie

On les appelle « mama uzima », elles sont les bienvenues dans les villages de la République démocratique du Congo. Ces femmes, réunies par groupements, se rendent sur les marchés, dans les églises, les lieux publics, font aussi du porte à porte pour informer les habitants des règles d’hygiène alimentaire, notamment autour de l’eau…


On sait que le choléra, grave maladie hydrique, frappe à nouveau en maints endroits d’Afrique, notamment en Rdc. Certes des campagnes parviennent à enrayer les foyers d’infection et à traiter les malades, mais les équipes se désengagent, dès que les cas baissent. Interventions qui ne règlent pas le problème de l’accès à de l’eau propre.
C’est là qu’interviennent nos « mama uzima » (uzima signifie vie en swahili). Leur mission : faire connaître un procédé, mis au point par l’Ong Antenna Technologies sous le nom de « Wata », pour fabriquer du chlore, meilleur moyen de « potabiliser » l’eau. Le procédé en bref : après avoir collecté de l’eau, placée dans un récipient non métallique et ajouté 25 gr de sel par litre, on y plonge l’appareil Wata, que l’on connecte à un générateur de courant continu de 12V. Au terme d’une heure d’électrolyse, on obtient une solution de chlore actif, avec lequel il sera possible de traiter efficacement l’eau du village.
Mis au point par des chercheurs et ingénieurs, testé et validé en Afrique depuis des années, l’appareil est de taille réduite, solide, fiable, pèse 180 gr, avec une durée de vie de 10.000 heures et, à ne produire qu’un litre de chlore, l’on parvient déjà à purifier 4000 litres d’eau, pouvant bénéficier à 200 personnes, la mesure pour l’OMS étant de 2O litres par personne et par jour.
Mis en oeuvre à Goma notamment, le programme Wata a permis de réduire les épidémies de choléra. On appréciera d’autant plus sa pertinence au moment même où se tient le Forum mondial de l’eau à Istanbul, soulignant une nouvelle fois qu’un milliard d’êtres humains n’a pas accès à l’eau salubre et qu’il s’agit là de la première cause mortalité.

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