Dans l’étau des glaces arctiques

Le crapaud - Jérôme Liniger - Le bateau scientifique Tara mission en étau dans les glaces arctiques

Se laisser porter par les glaces pour mieux ausculter l’Arctique, c’est l’aventure exceptionnelle vécue par 8 hommes et 2 chiens sur la goélette « Tara ». Départ en septembre 2006, retour en janvier dernier, 2600 km parcourus sans le secours ni des voiles ni d’un moteur, seulement par la dérive des glaces, d’abord vers le pôle nord puis en se laissant glisser jusqu’au Spitzberg pour atteindre les eaux libres…

Et pour l’équipage, un « séjour » de 16 mois, passant du jour comme à la nuit qui ne finit pas, à combattre l’isolement, le froid, les ours. Certes, les journées étaient occupées, l’expérience relevant d’un programme européen Damoclès, qui réunit des chercheurs de onze pays, plus la Russie et la Biélorussie. De toutes les observations faites, l’une ressort avec évidence : en Arctique, le réchauffement s’emballe avec pour conséquence la disparition annoncée de la banquise un été à venir, peut-être au rythme actuel, selon de récents pronostics, dans une dizaine d’années. En septembre, le pôle nord se présentait déjà comme une île, ouvrant de nouveaux passages de navigation. Les conséquences, on les connaît. Avec la fonte de la glace, davantage d’eau douce va s’écouler dans les océans et faire monter leur niveau sur la planète entière. Sans oublier les inévitables dégâts sur la biodiversité.

Le crapaud - Jérôme Liniger - Le bateau scientifique Tara mission en étau dans les glaces arctiques

La calotte a perdu en épaisseur, plus mince, avec des crêtes de compression de 3 mètres seulement (Nansen en évoquait en 1896 à 10 mètres) et plus mobile.  Toujours prisonnier des glaces, l’équipage de Tara à chronométré avoir parcouru 49 km en une seule journée. Mais l’aventure n’est pas terminée, commence maintenant l’exploitation scientifique. Pour le moment, la goélette se repose de son éreintant voyage, amarrée  jusqu’au 15 janvier sous le pont Alexandre III, port des Champs Elysées à Paris, visitable, une expo se développant sur le quai. Rien que monter à bord de sa coque d’acier vous donne déjà le frisson de l’immensité polaire en grand danger.

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