Guerriers des forêts

Le crapaud - Jérôme Liniger - Guerriers des forêts

On les prendrait pour des vacanciers en recherche de sensations fortes, à les voir camper jour et nuit sur de frêles nacelles accrochées à des branches d’arbres, à 5O m du sol. Erreur. Ce sont des activistes écolos, décidés à perturber autant que faire se peut l’abattage massif de forêts primaires dans l’état américain de l’Oregon…

Dès qu’une parcelle de forêt – beaucoup d’arbres y sont centenaires, est mis en vente, ces robins de bois décident le branle-bas de combat. S’installent le plus haut possible dans les arbres, sachant que l’on n’abat pas un tronc en provoquant mort d’homme. Placent des troncs en travers des chemins, au bout desquels s’enchaîne l’un des collègues ou, plus récemment, empêchent le passage des convois de bûcherons, en y élevant de véritables barrages naturels. Les actions se situant parfois à des dizaines de kilomètres de la moindre épicerie ou supermarché, les commandos dans leur bivouaque haut perché sont approvisionnés par d’autres « écoguerriers » en vivres, savon, piles, cependant que tout est recyclé sur place : « Quand je suis là-haut, je me sens en harmonie avec toutes les forêts du monde et, comme les arbres ne peuvent se défendre, on se bat pour eux », déclare l’un d’entre eux. Lutte inégale cependant. Les sociétés ayant acquis les parcelles se reposent sur des décisions de l’administration Bush autorisant l’exploitation de ces forêts anciennes, jusque là protégées. Et de ce fait ont la force publique pour elles. Elles savent aussi déployer des moyens plus radicaux. En lâchant des forestiers spécialisés qui détruisent les cabanes, dès que les occupants sont ailleurs, ou des détectives qui infiltrent les camps des activistes. Alors, le combat prend des allures de guérilla citoyenne et non violente. On fait des rondes, on espionne l’adversaire, on veille à maintenir les positions. Des actions de ce genre ont eu lieu partout dans le monde, où pèse une menace sur les forêts primaires. Mais on sait que la spéculation et l’industrie forestière ont toujours le dernier mot.
”s/vsd”

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